Martha

>> mardi 2 décembre 2008


Elle tira sur sa clope, bu dans mon verre, croisa mon regard et dit: «Alors, tu fais quoi dans la vie? ». Ce que je fais dans la vie? Ha! Comme si ça l'intéressait. « Je suis journaliste » si on peut appeler ce que je faisais du journalisme bien sûr, comme s'il suffisait de remplir une colonne dans un journal pour qu'on puisse t'appeler journaliste. « Journaliste hein! Ça doit être marrant ». Marrant, ha! Exactement! « Tu m'offres un verre? » Une inconnue qui se pointe, prend place à ta table et te demande de lui offrir un verre. Je suis entrain de rêver, ça ne peut pas être vrai. Qui es tu? Et puis quel est cet endroit? Attends, mais ce bar est désert, moi, elle et puis la fumée de sa cigarette. Aïe! « Bah alors, je t'ennuie à ce point? Va me chercher un martini, au lieu de rêvasser ». Mais il n'y a personne derrière le bar, comment veut elle que je lui apporte ce martini. Je me levais quand même, allais au bar et lançais :
-"Y'a quelqu'un?", c'est ma voix? Je suis entrain de faire un rêve étrange...
-"Oui, j'arrive. Que puis je faire pour vous? "
-"Un martini et une bière s'il vous plait,"
-"Ça marche, vous êtes avec Martha?"
-"Martha?"
-"Oui, elle..."
-"Ah! oui." Mais, est ce que c'est moi qui est avec elle ou l'inverse?

« Oui je suis dans ton rêve, je suis ton rêve ou plutôt j'en fais ce que je veux, regardes autour de toi » j'étais plus dans le bar, mais au milieu d'une place remplie de cris, de pas , de vie... Et elle était toujours là, son verre à la main, elle écrasa sa cigarette sous le bout de ses talons aiguilles et lança : « Tu danses? » Ici au milieu des gens, dans la rue, il n'y a même pas de musique. Elle sourit! Elle lit dans mes pensées? « Oui, je suis pas seulement dans ton rêve, tu m'as dans la peau ». Je distinguais sa voix malgré tout le brouhaha qui régnait dans le coin. Non, c'est si silencieux, toujours la même place, mais, plus de cris, plus de pas, plus de vie, juste une mélodie qui semblait s'approcher de plus en plus et envahissait tout l'espace, m'envahissait, nous envahissait. Le rythme était soutenu, même le soleil se couchait au loin, me laissant seul avec Martha, qui s'avançait vers moi. Et plus elle s'approchait et plus je sentait mes membres s'engourdir, mes forces m'abandonner et mes pensées s'évader. Elle avançait d'un pas lent mais gracieux. Je sentais que je ne tiendrais pas longtemps, mon souffle devint saccadé et j'avais du mal à rester conscient. Elle était toute proche à présent, son parfum m'envahissait et son souffle effleura ma joue. Elle prit ma main dans la sienne et comme par magie mes forces revinrent. Je me retrouvais enlaçant Martha, dansant avec Martha, épris de Martha. « Tu vois c'était pas si difficile que ça ». Non, c'est d'une simplicité parfaite: Martha dans mes bras, ses grands yeux noirs dans les miens. Oui je l'ai dans la peau. Elle rapprocha ses lèvres des miennes. Je sentis son souffle se mêler au mien. L'impatience me gagna et pour un instant je ne vivais que pour attendre son baiser, pour sentir ses lèvres sur les miennes. Et soudain, l'obscurité gagna la place, le soleil laissa place à une nuit froide et sombre, mes membres s'engourdirent à nouveau et Martha qui s'éloignait, Martha qui ne souriait plus, Martha qui n'est plus. Un bruit strident chassa la musique, et j'immergeai de mon rêve, « Oui, allo » « Tu dors encore? si tu te pointes pas au bureau, dans 30 minutes tu es viré ». Oui finalement ce n'était qu'un rêve

1 commentaires:

V£nom 7 décembre 2008 à 14:17  

Sublime ! Encore et Toujours...

Retrouvera-t-il le sommeil après cela ?

Guernica

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